Femmes archéologues au Roc-aux-Sorciers

Femmes archéologues au Roc-aux-Sorciers

l’illustration d’une solidarité et d’une complicité scientifique

Date : 9 septembre 2023 à 10h30
Intervenante : Geneviève Pinçon, directrice du Centre national de Préhistoire (CNP)
Ministère de la culture- SGPA- SP-SDA
Lieu : Auditorium du Musée d’Archéologie nationale
Place Charles de Gaulle – Saint-Germain-en-Laye

Le grand abri sous-roche magdalénien du Roc-aux-Sorciers à Angles-sur-l’Anglin (Vienne, France) doit sa renommée à ses sculptures monumentales découvertes par Suzanne Cassou de Saint-Mathurin. En effet, le contexte archéologique de ce site, révélé en 1927 par Lucien Rousseau, offre une occupation attribuée au Magdalénien moyen, mais sa publication en 1933 ne fait pas état des sculptures pariétales passées alors inaperçues. C’est Suzanne Cassou de Saint-Mathurin qui, en 1946, une fois après avoir repéré le site et découvert une dalle gravée sur le tas de déblais des anciennes fouilles, fit appel à son amie Dorothy Annie Elizabeth Garrod, alors professeur d’archéologie à l’université de Cambridge, pour y entreprendre des fouilles. Elles mettent alors au jour de nombreux blocs sculptés, gravés et peints. Puis en 1950, elles commencent à dégager sur plus d’une vingtaine de mètres de long la frise sculptée encore in situ. Germaine Henri-Martin, fille du docteur Henri-Martin, vient aider sur le chantier ces deux femmes entreprenantes.

Les trois amies, au tempérament chacune bien trempé et aux personnalités bien différentes, affichent leur complicité à la fois humaine et scientifique. Bienveillantes entre elles, elles se soutiennent et mettent en commun leurs complémentarités leur permettant à chacune de mener leurs travaux respectifs : Suzanne au Roc-aux-Sorciers, Germaine à Fontéchevade (Charente) et à la Quina (Charente), Dorothy sur le Proche-Orient.

S’inquiétant de leur santé réciproque, se léguant successivement leurs archives, leur lien affectif est cimenté par leur engagement mutuel, leur réciprocité, leur fraternité et leur sens des responsabilités qu’elles partagent avec intelligence dans l’intérêt du collectif archéologique. Leurs travaux font dates dans l’histoire de l’archéologie. Elles ne sont pas dissociables des grands noms à rattacher à leur discipline qu’est la Préhistoire.

Après avoir dressé leurs portraits respectifs tels que nous les appréhendons aujourd’hui, nous essaierons de mettre en relief leur solidarité et leur complicité scientifique à travers quelques illustrations. Pour conclure, nous partagerons avec l’auditoire la part que nous devons assumer suite à la transmission qui nous a été faite par Suzanne de Saint-Mathurin, dernière survivante, une tâche qui marque notre vie scientifique personnelle mais la comble d’une façon inédite dans le monde scientifique actuel.

Découvrez l’article de Geneviève Pinçon :

Portrait de Suzanne Cassou de Saint-Mathurin (1900-1991)

Pour en savoir plus:
Suzanne Cassou de Saint-Mathurin
et
Dorothy Annie Elizabeth Garrod

Conférence gratuite pour les adhérents, sur présentation de la carte – 5 € pour les non-adhérents.

Réservation obligatoire : resa.saman@gmail.com

Télécharger le PDF

Devenir adhérent

Suzanne Cassou de Saint-Mathurin et Dorothy Annie Elizabeth Garrod

Suzanne Cassou de Saint-Mathurin, Dorothy Annie Elizabeth Garrod et Germaine Henri-Martin pendant les fouilles du site de Fontéchevade (Charente) © Fonds Saint-Mathurin, MAN